Le wood Cottage

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Parmi les nombreuses maisons connues au Vésinet, se trouve le Wood Cottage.

Mes propriétaires, parisiens, ont acheté un terrain en 1863 auprès de la société Pallu et Cie, dans un lotissement à bâtir au Vésinet desservi par le chemin de fer, terrain raccordé à un réseau d’eau courante, équipement peu courant à cette époque. C’est le début des villégiatures : le préfet Haussmann débute les travaux de modernisation de Paris.

Ils décident d’en confier la construction à un certain Tricotel qui construisait déjà des gloriettes, qui va me construire en harmonie avec les idées des fondateurs de la colonie du Vésinet, selon l’ancienne technique des maisons à pans de bois. Le résultat fait rustique, campagnard, sympathique pour une famille avec des enfants. Entouré d’un beau jardin arboré, y est rajouté, un pigeonnier, la maison du cocher et des domestiques, les écuries et un fumoir.

La famille et ses descendants vont profiter de venir régulièrement me voir, profiter de mon jardin, des fleurs, des allées parfumées et reposantes ;  depuis 1837, le chemin de fer dessert la ville du Vésinet de Paris (ex gare de Rouen maintenant appelée Gare St Lazare) en 30 minutes (à raison de 90 trains par jour) par la ligne de Saint Germain. Les enfants gambadent, jouent, crient…

Je suis ravie de voir toute cette vie autour de moi. Les enfants grandissent, se marient, ont des enfants à leur tour… les années passent.

Mes murs ont connu la mort, la terreur, les chagrins avec les trois guerres. Je me sentais abandonnée et n’étais pas bien, mais je ne leur en veux pas. Dans la tourmente de la guerre, les habitants de la maison ne pouvaient pas faire autrement.

La paix revient peu à peu. La commune du Vésinet érigée en ville en 1875 par son premier maire Alphonse Pallu qui habite d’ailleurs une belle maison aux abords de l’ile….de nombreuses personnalités des arts (peintres, musiciens, philosophe…) résident au Vésinet ; c’est un grand bonheur pour moi d’être dans un cadre de vie harmonieux.

De lotissement en belles maisons construites en pierre et brique dans le sud de la ville, les routes prennent forme. De drôles engins sur roues qui pétaradent s’invitent dans les allées : il s’agit de voitures à moteur ! D’années en années, elles s’améliorent, font moins de bruit, moins de fumée. Elles transportent des familles, des marchandises. Mais moi, au fond de mon jardin, j’aspire au calme, même si je suis un peu dépassée, avec mon âge canonique de 100 ans passé. Dernièrement, il y a même quelqu’un qui a mis des ruches pour que les abeilles profitent des fleurs du jardin pour faire du bon miel.

J’ai vécu tous les changements de la modernisation (installation du téléphone, de l’électricité pour le confort des propriétaires, l’électro-ménager…) j’ai survécu à tout et ai été ravie d’apporter du bonheur à ceux qui ont habité la maison.

En 2007, la dernière descendante de la famille fit don de la propriété (moi la maison et le jardin) à la ville du Vésinet en lui demandant de me conserver au mieux dans l’état où je fus laissé. Je fus soulagée de savoir qu’ils n’allaient me détruire au profit d’un de ses immeubles pour accueillir de nombreux résidents. Je suis fière de ma différence et ai repris les couleurs de la vie. Mon jardin et mes dépendances servent aujourd’hui de lieu magique pour les expositions de peinture ou les concerts en plein air (cela me rappelle la belle époque !) et on peut me visiter également aux Journées du Patrimoine.

Je suis située au 122 boulevard des Etats Unis, au nord du Vésinet près de la limite avec la ville de Chatou. Venez me visiter !

Cette histoire est tirée en partie de l’histoire du Wood Cottage (www.histoire-vesinet.org) et romancée.